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"Alice de l'autre côté du miroir" : Johnny Depp en petite forme

Six ans après le premier Alice mis en scène par Tim Burton, Mia Wasikowska enfile de nouveau la panoplie de l’héroïne de Lewis Carroll pour une nouvelle adaptation, signée James Bobin. Elle y est géniale, comme toujours. Et le film ?

Elle est de retour et ses nouvelles aventures sont évidemment encore plus spectaculaires que les précédentes. Revenue d’un périple en haute mer où, capitaine en jupons, elle a affronté tous les dangers (tempêtes, attaques de pirates etc.), Alice retrouve Londres, sa famille, et s’aperçoit que les riches notables du cru envisagent sérieusement de tout lui piquer : sa maison, son bateau, ses maigres biens… Pour échapper à ce funeste sort, Alice, guidée par un papillon bleu, passe "de l’autre côté du miroir" et renoue ainsi avec un étrange univers parallèle qu’elle connaît bien : le Pays des merveilles. Là où s’agitent d’innombrables créatures bizarres, le lapin blanc, le lièvre de Mars, les jumeaux Tweedle-Dum et Tweedle-Dee... Bonne humeur garantie ? Pas vraiment, puisque l’héroïne, décontenancée, s’aperçoit que son vieil ami, le Chapelier fou, souffre d’une sévère dépression. Pour sauver ce dernier, Alice entreprend un vertigineux voyage dans le temps histoire de modifier le cours de l’histoire et de rendre le sourire à son acolyte mal-en-point.

On prend (presque) les mêmes et on recommence. Dans Alice de l’autre côté du miroir, adaptation d’un récit de Lewis Carroll écrit sept ans après Alice au pays des merveilles, Tim Burton n’est plus aux manettes de la mise en scène (c’est le méconnu James Bobin qui s’y colle), mais reste néanmoins producteur du long-métrage. Quant au Chapelier fou, avec sa tête d’ahuri, ses cheveux hirsutes et ses yeux tout ronds, et à la maléfique Reine Rouge, ils sont toujours incarnés par Johnny Depp (en petite forme) et Helena Bonham Carter (minuscule par la taille, grâce aux effets spéciaux, mais immense par le talent comique). Surtout, Alice, comme dans le film initial, est toujours interprétée par Mia Wasikowska. Une excellente nouvelle car l’actrice, une fois encore, convainc de la première à la dernière scène dans cette histoire saugrenue où elle affronte à la fois la folie de ses contemporains et le temps, dont elle bouleverse les données grâce à la collaboration involontaire et aux inventions démoniaques du dénommé Time (Sacha Baron Cohen, en roue libre). Super production haut de gamme, le film bénéficie à 100% de la prestation de son actrice principale, mais souffre hélas d’un manque d’invention du côté de la mise en scène, qui peine à sublimer la fantaisie hallucinée du récit de Lewis Carroll. Beaucoup plus stimulant et délirant que l’ordinaire des blockbusters, soit, mais aussi un poil frustrant…

Alice de l’autre côté du miroir, de James Bobin, avec Mia Wasikowska, Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Sacha Baron Cohen… Sortie le 1er juin.

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Olivier De Bruyn
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