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"24 jours" : faut-il aller voir le film sur l'affaire Ilan Halimi ?

"24 jours" : l

Alexandre Arcady met en scène la sinistre affaire du "gang des barbares" et la séquestration d’un jeune homme, Ilan Halimi, qui n’avait qu’un seul tort : être Juif. Un film qui entend dépeindre une certaine réalité de la France d’aujourd’hui. Bilan.

20 janvier 2006, Paris. Un jeune mec de 23 ans, Ilan Halimi, rejoint dans un café de la Porte d’Orléans une fille séduisante qu’il a rencontrée quelques jours plus tôt dans la boutique de téléphonie où il travaille. Il ne se doute pas que cette dernière sert d’appât pour l’enlever puis le séquestrer en banlieue. Pourquoi lui ? Parce qu’il est Juif et que ses bourreaux, baptisés ultérieurement le gang des barbares, pensent (si l’on peut appeler cela penser) que la famille Halimi batifole en conséquence dans l’opulence et ne posera pas de difficultés pour payer une rançon.
Il y restera 24 jours. 24 jours de tortures et d’humiliations. 24 jours où sa famille, d’un milieu modeste, sera harcelée et menacée au téléphone pour s’acquitter d’une rançon qu’elle est incapable de réunir. 24 jours, aussi, où la police manquera plusieurs fois de peu de mettre la main sur les ravisseurs et leur chef : Youssouf Fofana. Ilan Halimi ne sortira pas vivant de son calvaire et son décès provoquera de violents débats sur un certain état des choses dans la société française, en premier lieu la résurgence de la haine antisémite.

Huit ans après les faits, et alors que plusieurs projets de films (dont l’un signé par Richard Berry) ont tour à tour fait parler d’eux, Alexandre Arcady envahit les écrans avec 24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi. Une fiction qui s’inspire du livre autobiographique de la mère d’Ilan, Ruth, et qui retrace les semaines d’angoisse vécues par la famille ainsi que les errements d’une police et d’une justice qui refusèrent longtemps de voir dans cette affaire autre chose qu’un acte crapuleux. Avouons-le : le film faisait un peu peur. Alexandre Arcady, par le passé (Le grand pardon, L’union sacrée), ne s’est jamais distingué par sa subtilité et l’on pouvait redouter que le cinéaste délivre un film dossier lourd et maladroit s’abîmant de surcroît gravement dans la mise en scène des affrontements entre communautés (d’un côté les Juifs, de l’autre les barbares de banlieue).
Bonne nouvelle : il n’en est rien. Même si la mise en scène d’Arcady ne brille pas par son inspiration, 24 jours a l’incontestable mérite de rester au plus près des faits, de l’enquête et des sentiments éprouvés par la famille d’Ilan, en premier lieu sa mère, incarnée par une Zabou Breitman qui sidère et touche du premier au dernier plan. Au final, un film qui travaille pour la mémoire et entend contribuer à la lutte contre l’abjection raciste. On connaît pires missions.

"24 jours", d'Alexandre Arcady, avec Zabou Breitman, Pascal Elbé, Sylvie Testud… Sorti le 30 avril.

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Olivier De Bruyn
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