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Parfums : tout ce qui va nous (re)donner envie d’en porter

La parfumerie est en ébullition. Procédés d’extraction high-tech, manifestes libertaires des créateurs et qualité des matières premières... l’heure est au réenchantement. Il était temps !

LE CUIR SE FÉMINISE

La famille olfactive des cuirs, appréciée des connaisseurs et des hommes, ne faisait plus recette. Reconnaissable  à ses notes puissantes de bouleau et de goudron (jusqu’au xixe siècle on en frottait les bottes de cuir pour les cirer), elle n’était pas facile-facile à porter. "J’avais vraiment envie de m’y attaquer pour créer quelque chose de nouveau", raconte Christine Nagel, parfumeur créateur de Galop d’Hermès. L’idée ? "Obtenir une féminité tactile, aussi douce que la peau d’une femme. En sélectionnant des matières premières issues des dernières recherches, en les adoucissant et en les veloutant avec des notes d’osmanthus abricoté, de safran légèrement épicé, puis, en faisant valser l’ensemble avec  une rose intense." Chez Louis Vuitton, le maître parfumeur Jacques Cavallier-Belletrud a travaillé le cuir en infusion. C’est-à-dire ? On a carrément fait tremper dans l’alcool le cuir naturel du malletier (le même que celui des sacs et valises). Le résinoïde ainsi obtenu a été clarifié jusqu’à devenir limpide. Associé au jasmin, au narcisse et aux muscs, Dans la Peau se veut la sensualité même.

Eau de parfum Galop d’Hermès, Hermès, 225 € les 50 ml. Eau de parfum Dans la Peau, Louis Vuitton, 200 € les 100 ml.

LA ROSE S’ILLUMINE

" Il y a 10 ans, je n’aurais pas pu faire une rose aussi fraîche, joyeuse, moderne", reconnaît le maître parfumeur Alberto Morillas, à propos du jus Rose Goldea de Bulgari. Pas question de faire rétro, ni trop rose, ni trop fort... J’ai utilisé une fraction de rose, puis sélectionné différents muscs pour trouver la luminosité recherchée. » De son côté, Jacques Cavallier-Belletrud s’avoue très fier de sa première mondiale chez Louis Vuitton : l’extraction de la rose de mai de Grasse au  "CO2 super-critique". Pour rester au plus près de l’odeur originelle dégagée par la fleur au milieu du champ, les pétales sont baignés dans un gaz qui respecte leur fragilité. Résultat : un parfum pur et vaporeux, extraordinaire. Dans le nouveau N°5 L’Eau, Chanel et le nez Olivier Polge laissent à peine deviner un cœur de rose, jasmin et ylang sur un voile d’agrumes, aldéhydes et muscs d’une délicatesse déconcertante. Enfin, il faut saluer la démarche de Dior qui replante au château de la Colle Noire, où vécut Christian Dior, non loin de Grasse, des milliers de roses de mai.

Eau de parfum Chloé Fleur de Parfum, Chloé, 85 € les 50 ml. Eau de parfum  Miss Dior Absolutely Blooming, Dior, 94 € les 50 ml. Eau de toilette N°5 L’Eau, Chanel, 89 € les 50 ml.

LES PARFUMS SE PACSENT

Signe des temps ou procédé marketing, plusieurs marques de mode livrent cette saison leur proposition de couple olfactif. Comme les vêtements, les parfums auraient-ils un genre ?  En théorie, non. N’importe quelle fragrance devrait pouvoir être indifféremment adoptée par un homme ou une femme. En réalité, nos narines ne sont pas si "open" que ça. "En Occident, il y a une architecture différente pour les parfums masculins et féminins, explique le parfumeur Francis Kurkdjian. Depuis près d’un siècle et demi, instinctivement et culturellement, la majorité des femmes va vers les fleurs et les hommes  vers la fougère." La preuve chez Zadig & Voltaire, où les deux amants aiment le rock et les fragrances à base de santal, chaudes et lactées. Mais l’une se décline en bouquet gourmand et l’autre en encens épicé. Idem chez Jean Paul Gaultier, où les Essences de Parfum Classique et Le Mâle jouent une partition gentiment effrontée, où la gourmandise chez elle fait écho à la sensualité cuirée chez lui.

Essences de parfum Le Mâle et Classique Jean Paul Gaultier, 67 € et 77 € les 50 ml. Eaux de parfum This is Her ! et This is Him !, Zadig & Voltaire, 70 € et 55 € les 50 ml.

LA NÉO-VANILLE SE CHIC-ISE

On a tendance à cataloguer les jus vanillés, gourmands par nature, dans la catégorie « poids lourds », car leur concentration dans les parfums a augmenté en flèche ces dernières années. Résultat : le nez ne sait plus toujours reconnaître la qualité. Thierry Wasser, maître parfumeur chez Guerlain, sélectionne, lui, ses gousses à Madagascar pour les faire tremper dans une teinture d’alcool. «  La qualité obtenue est très légère, à tel point qu’elle reste en tête dans les compositions. On l’a associée  une vanille extraite à froid et à du santal souple, pour obtenir des notes de fond délicieuses. » Même exigence chez Lancôme, qui présente une nouvelle lignée de Grands Crus et un joli Lavandes Trianon, "vanille cristallisée" à l’effet crème brûlée, associée à deux lavandes provençales. Quant au Parfum Lolita Lempicka, il mêle la vanille à la fève tonka, au ciste et aux baumes, dans un opus brûlant. Pour finir, Yves Rocher a réinterprété l’Orient en mode spirituel, non pas au travers de la vanille chaude, mais via les aspects froids et baumés du benjoin et de l’encens, saupoudrés d’épices. Une réussite.

Eau de parfum Lavandes Trianon, Lancôme, 180 € les 100 ml. Eau de parfum Accord Chic, Yves Rocher, 57 € les 50 ml. La Petite Robe Noire Eau de Parfum Intense, Guerlain, 97 € les 50 ml. Eau de parfum Le Parfum, Lolita Lempicka, 80 € les 50 ml.

 

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Monique Le Doledec

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