Actuellement en kiosque !

GL cover mag Mai 2016 header maxi Alt 2

Edition papier

Découvrir

Edition numérique

Découvrir
Inboard

J’ai testé la Danse des Cinq Rythmes

Danse des Cinq Rythmes 22

Pour ne plus avoir à choisir entre relaxation et séance de sport, j’ai testé la Danse des Cinq Rythmes. Pendant 2 heures, on enchaîne des mouvements libres pour retrouver la sérénité en travaillant à fond l’ensemble de nos muscles. Que du bonus !

Dimanche matin 11h, j’arrive à mon premier cours de Danse des Cinq Rythmes. Amélie Schweiger, professeure de Danse des Cinq Rythmes, parle de cette dernière comme d’une « pratique au confluent de l’expression libre du corps, de la danse, de la thérapie et du chamanisme, qui redonne du sens et de la profondeur à soi et aux autres ». 

Je découvre une grande salle de danse, où la lumière est tamisée et dans laquelle une femme diffuse de l’encens en faisant des grands cercles avec ses bras. Je me demande où je suis tombée, mais je lance. Les vestiaires, on oublie. On se change dans un prolongement de la pièce, hommes et femmes mélangés. Sur la trentaine de participants, beaucoup de femmes, quelques hommes, âgés de 20 à 60 ans et de styles très différents. Leur seul point commun, c’est le large sourire qu’ils ont tous en passant la porte. Difficile d’imaginer qu’il y ait tant de gens heureux de se lever pour faire du sport un dimanche matin.

 

Amélie commence à mettre de la musique et nous invite à danser en nous laissant porter par le son. Je vois des gens qui commencent à bouger dans tous les sens, sans suivre le même rythme et la même chorégraphie. Dans ce cours, on n’enseigne pas comment enchaîner différentes séquences de pas pour créer une chorégraphie, mais on incite les danseurs à se mouvoir pour exprimer ce qu’ils ressentent.

Les premières minutes me semblent interminables. J’ai envie de fuir. Je me sens coincée dans mon corps et je suis tétanisée à l’idée qu’on me regarde. Mais je prends sur moi, me lance d’abord timidement dans mon coin, puis finis par lâcher prise. En introspection, j’oublie progressivement tout ce qui me retenait et me laisse porter par la musique. Je gère mes émotions, profite de celles qui me font du bien pour inventer de beaux mouvements et me débarrasse de celles qui me contraignent au quotidien. Je tente des approches avec les autres, donne ce que j’ai à donner et prend ce qu’on m’offre. Car si la Danse des Cinq Rythmes est avant tout un retour vers soi, c’est également un moyen de se reconnecter à l’autre. On est dans un échange permanent, sans jugement ni hiérarchie.

Après cette phase de « mise en situation », on enchaîne des mouvements sur cinq rythmes formant une vague continue. Dans la Fluidité, on expérimente nos appuis pour retrouver le lien à la terre et revenir à un rythme plus naturel et retrouver l’énergie perdue. Le Staccato permet d’engager un dialogue avec l’autre dans un mouvement très rapide. On puise au fond de nous la force d’affirmer qui l’on est. On partage tout, on donne des mouvements et on reproduit ceux des autres,  en prenant garde à ne pas s’oublier au passage. « On danse comme on est, sans crainte du regard extérieur. Si on est timide, on danse sa timidité. Si on a du caractère, on le montre aussi » rassure Amélie. Le Chaos est la phase dans laquelle le lâcher-prise est à son apogée. On laisse parler la part d’animalité qui est en nous et on se détache des contrariétés. C’est tellement violent que j’ai presque l’impression d’être en transe, une sensation qui me fait m’extasier autant qu’elle me terrifie. On revient au calme et à la singularité avec le Lyrique. Légère et spontanée, cette phase permet de sortir des automatismes pour incarner une nouvelle manière d’être et de bouger. Enfin, la Quiétude ramène à une phase d’introspection. Je suis tellement calme que j’ai l’impression de sentir l’espace et le silence qui m’entourent, comme s’ils étaient palpables.

La fin de la danse est signifiée par le tintement d’une cloche et la séance se conclut par quelques minutes de relaxation et d’échanges. Moins convaincue par ces derniers instants, j’ai du mal à en cerner le but. Ce qui me plait avant tout, c’est de me dire que quand je danse, je parviens à exprimer mes émotions et à les canaliser. Les réunions en cercle, c’est un peu trop cérémonial pour moi et j’ai l’impression de me retrouver chez les émotifs anonymes.

Verdict. Après deux heures de pratique, preuve que je n’ai pas chômé, je sens tous les muscles de mon corps. Mon cerveau lui, a arrêté de cogiter depuis un petit moment déjà. Mon propre lâcher-prise m’étonne, tout comme ma capacité à gérer mes émotions. Libérée de mes tensions, j’ai la sensation paradoxale d’avoir un corps plus fort et plus tonique. J’ai une forme d’enfer et une confiance en moi qui ferait pâlir d’envie n’importe quel tyran. Surtout, j’ai compris que ce qui se joue ici, c’est moins la peur du regard de l’autre que celui que je porte sur moi-même.

 

 

Pour plus d’informations :

www.lesviesdansent.fr

www.gabrielleroth.com

www.5rythmes.fr

 

Cours d’Amélie Schweiger (association Les Vies Dansent), le dimanche de 11h à 13h. 15€ la séance.

Le Vent se lève! 181, avenue Jean Jaurès - 75019 Paris (M° Ourcq) 

LIRE LA SUITE
Lorelei Boquet-Vautor
Inread
Loginnn

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour disposer de services fonctionnels et d’offres adaptées à vos centres d’intérêt, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée. Cliquez ici pour en savoir plus.