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La polyamorie : j'en fais quoi ?

La polyamorie : j

La polyamorie, je veux bien, mais quand on n'arrive pas à faire l'impasse sur la jalousie, on fait quoi ? On respire, on pense à ses cousins primates ; et on essaie de s'en sortir.

Une open relationship very complicated
Depuis le milieu des années 1990, la polyamorie (ou polyamour) a progressivement gagné en popularité et en visibilité. Pour faire court, la polyamorie est un rapport amoureux non-monogame, où les partenaires d'un couple se permettent mutuellement d'aller voir ailleurs et où la transparence et l'honnêteté sont censées résoudre les problèmes de la jalousie et de la possessivité. En gros, il s'agit de coucher avec son copain, mais aussi avec son meilleur ami, de le dire aux deux, et d'imaginer que tout le monde soit content (vu, qu'eux aussi, auront « le droit » d'en faire de même). Sur le papier, c'est merveilleux, sauf que dans les faits, la réalité est beaucoup plus complicated. Même Pascal Bruckner, grand chantre du « désordre amoureux » depuis la fin des années 1970, monopolise en cette rentrée les ondes pour la promotion de son dernier ouvrage Le mariage d’amour a-t-il échoué ? (Grasset) en déclarant que, finalement, la transparence ne résout pas tout et que la meilleure façon pour qu'un couple soit heureux, c'est qu'il reste fidèle (ou discret).

Retour vers le futur
Mais comment a-t-on pu en arriver là ? Comme souvent dans les cas d'emballements sexualo-médiatiques, les joies du direct oublient l'histoire et l'évolution de notre espèce. Et dans le cas de la polyamorie vouloir éradiquer la jalousie et la possessivité du rapport amoureux comme on gommerait une faute d'orthographe ressemble plus à une balle qu'on se tirerait dans le pied qu'à une véritable révolution sexuelle. Car si la jalousie est certes un vilain défaut, c'est surtout une passion dangereuse qui apporte chaque année sa petite contribution aux statistiques de la criminalité. Et pour les psychologues évolutionnaires, habitués à regarder l’humanité à travers les lunettes froides de la théorie darwinienne, la jalousie est la résultante, certes triste, mais prévisible de la sélection sexuelle. Séduire, c'est une chose, mais conserver son partenaire en est une autre, et l'irruption d'un tiers tentateur demeure la première force de dissolution du couple.

Jalousies, au pluriel
Autre leçon à tirer de la logique darwinienne : la jalousie est un phénomène pluriel et chaque sexe n’a pas tout à fait les mêmes raisons d’avoir peur de la fidélité de son partenaire. Pour l’homme, la principale menace est l’infidélité sexuelle, dont le résultat direct peut être une progéniture illégitime - cet « enfant dans le dos » ne partageant aucun gène avec son père supposé. Avant les tests de paternité, c’est-à-dire pendant 99, 9% de l’évolution humaine, cette issue était impossible à vérifier – d'où le caractère aujourd'hui toujours assez « sensible » du sujet. Pour la femme, le risque majeur concerne plutôt l’infidélité émotionnelle, c’est-à-dire l’hypothèse que son partenaire s'attache durablement à une concurrente, au point de quitter purement et simplement le foyer – et la laisse seule face à la pile de linge à repasser. En termes génériques et plus conformes à ce passé paléolithique qui coule toujours dans nos veines, le risque tient dans la minimisation de son investissement, indispensable à la survie de la descendance toujours commune, elle.

L'échec annoncé de la polyamorie se fonderait donc sur l'oubli du babouin qui sommeille en chacun de nous. Une solution possible pour un polyamour réussi : promettez donc à votre copain de ne pas lui faire élever les enfants d'un autre. Et quant à lui, faites-lui jurer de ne jamais quitter le nid... On fait le test ?

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