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Contraception : comment (enfin) bien la choisir ?

Pilule ou stérilet ? Comment bien choisir sa contraception.

Pilule, stérilet, implant, anneau, patch, les méthodes de contraception féminine se sont multipliées au cours des dernières années. Mais au milieu du flot d’informations parfois contradictoires, comment savoir laquelle nous correspond le mieux ? On fait le point pour vous apporter des réponses concrètes.

Tout d’abord, qui dit contraception, dit réflexion ! Un choix de contraceptif ne se fait pas à la légère et il est indispensable d’étudier plusieurs critères avant de se décider. L’efficacité, pour ne pas tomber enceinte, c’est le but a priori. Le coût, certains sont remboursés, d’autres non. L’observance, c’est-à-dire les risques d’oublis d’une prise régulière d’une pilule. Et enfin la condition médicale, pour s’assurer de ne pas présenter des pathologies ou des antécédents qui interfèrent avec le “traitement“ et risquent de dégrader notre état de santé.  C’est noté ? Vous pouvez maintenant faire votre choix en fonction de vos besoins, et envies.

Les pilules ont moins le vent en poupe

Fiable à plus de 99% quand elle est prise correctement (sans oublis ou arrêts), la pilule figure parmi les contraceptifs les plus vendus en France, avec 41% des femmes de 15 à 49 ans qui la plébiscitaient en 2013*. Mais la polémique des pilules dites de 3e et 4e générations – elles multiplient par deux les risques de thrombose veineuse et ne sont plus remboursées par la sécurité sociale – a fait chuter les ventes de 60%. Bien que les femmes aient tendance à s’orienter vers d’autres méthodes, la gynécologue obstétricienne Véronique Cayol se veut rassurante et estime qu’elles cèdent à des peurs infondées : “La pilule n’est pas hyper dangereuse, il faut arrêter avec ce mythe. Ce n’est pas mauvais de donner des hormones à son corps. Depuis quarante ans, des millions de femmes prennent la pilule, et on sait aujourd’hui que ça ne donne pas le cancer et que ça ne rend pas stérile. Certes, il y a parfois des risques d’AVC, mais c’est très minime. Dans la plupart des cas, elle offre beaucoup de liberté.“

Quoiqu’il en soit, les Françaises préfèrent désormais les micro-progestatives. C’est le cas de Jeanne, 23 ans, qui a opté pour une pilule sans œstrogènes qui stoppe définitivement les règles. “Je la prends en continu depuis trois semaines et tout va bien. Je n’ai pas de saignements inattendus et je trouve que ma peau est plus belle, même si je ne sais pas si c'est liéJe prenais depuis des années Optilova, une microdosée ‘normale’ et les règles m'épuisaient. Je connaissais l'existence des pilules en continu mais je pensais qu’elles étaient réservées à celles qui souffraient vraiment d'endométriose, ce qui n'est pas mon cas.

Crédit : Getty

Le stérilet s’impose, même auprès des femmes sans enfant

Parmi les autres méthodes les plus courantes, on trouve le DIU (Dispositif Intra Utérin), ou stérilet. En cuivre ou hormonal, il séduit 22,6% de femmes, essentiellement de 35 ans ou plus*. Alors que le cuivre a un effet purement contraceptif et tue les spermatozoïdes, le lévonorgestrel (hormone progestative) diminue la durée, le volume et les douleurs de règles. Sonia Eguavoen, sage femme libérale à Paris, spécialisée dans les consultations gynécologiques, note que le DIU en cuivre est “très efficace avec un risque de grossesse de seulement 0,8%.“

Longtemps réservé aux mamans, les femmes qui n’ont pas accouché peuvent désormais s’en faire poser. “Aucun médecin ne voulait me mettre de DIU en cuivre parce qu’ils me disaient que je n’avais pas eu d’enfant“, raconte Charlie, 32 ans. “Je ne suis supportais plus la pilule et j’en avais assez des capotes, vu que j’étais en couple depuis deux ans. Une gynéco a enfin accepté de me poser un stérilet il y a trois ans et je suis très contente du résultat. J’avais des règles abondantes avant, mais elles ne le sont pas plus aujourd’hui. Je ne le sens tellement pas que j’oublie parfois que j’en ai un !“

L’implant, la palme de l’efficacité

L’implant, quand à lui, diffuse dans le sang les mêmes hormones que les pilules progestatives et supprime l'ovulation.  De la taille d'une allumette, il se place sous la peau du bras et doit être changé tous les trois ans. “C’est le moyen le plus efficace pour ne pas tomber enceinte, on est sur un risque de grossesse qui frôle les 0%, c'est même plus efficace qu'une stérilisation a visée contraceptive“, explique Sonia Eguavoen. S’il stoppe souvent les règles, il peut aussi causer ‘un genre de ‘minis règles’, appelées spotting, plusieurs fois par mois“.  

On pourrait croire que c'est gênant car ça arrive sans prévenir mais à chaque fois, mais je le devine aux sensations pré-menstruelles et, au final, je ne me fais jamais surprendre“, explique Stéphanie 25 ans, qui a opté pour un implant il y a quatre ans car elle oubliait tout le temps de prendre sa pilule. Alice, 29 ans, s’est fait poser un implant après sa grossesse. Elle vit aussi très bien l’absence de règles. “Un bonheur ! Le concept de règles me semble désormais d'un autre siècle !  Mais ma gynécologue m’a dit que certaines femmes le vivaient parfois négativement...“

En dépit des idées reçues, l’absence de menstruations ne présente pas de risque pour la santé. Sur son blog, le médecin et écrivain Martin Winckler considère même que cela constitue “plutôt un avantage : les règles abondantes sont en effet la première cause d’anémie (manque de globules rouges lié à la perte de fer dans les règles) chez la femme.“ Pas de panique donc.

Les méthodes “naturelles“ restent très peu fiables

Pour les récalcitrantes aux hormones ou à la présence d’un corps étranger dans leur organisme, restent le préservatif masculin ou féminin, l’abstinence ou le retrait (9,5% de femmes*).
Ainsi, Karine, 24 ans, s’est laissée convaincre lors de sa précédente relation par une application mobile, qui dressait un journal de bord de ses cycles et lui indiquait les moments “à risque“. “Au début, tu définis des paramètres approximatifs, puis l’appli les réajuste toute seule au bout de quelques cycles. Je savais donc exactement quand je pouvais faire l'amour sans risque de grossesse (j'avais le même compagnon depuis sept ans). Bien sûr ça peut avoir un côté ’perte de spontanéité’, mais j'aimais préparer ce moment de retrouvailles sexuelles. Imaginer son retour, me faire jolie... Ca faisait même partie d'un jeu de séduction.
Ces moyens “naturels“ s’avèrent toutefois très peu fiables et se soldent par 25% d’échecs. “Il suffit d’avoir un changement hormonal déclenché par du stress pour que ça chamboule tout. Notre téléphone ne sait pas mieux que notre corps“, prévient Véronique Cayol.

Mais parfois, l’absence de contraception résulte simplement de mauvaises expériences, comme en témoigne Alice, 25 ans. “J'ai eu des complications avec le stérilet en cuivre qui m'a fait souffrir pendant un an avec des spasmes, des douleurs et des hémorragies, et la pilule me faisait grossir. Il se trouve que depuis trois ans ma situation affective n'a pas relancé le débat, ou que j'ai été avec des filles, donc ça a évité le problème. Mais je sais d'avance que si je me retrouve dans une relation sérieuse avec un homme, ce sujet risque d'être très problématique. J'ai le sentiment qu'aucune des contraceptions proposées ne me convient, et j'attends avec impatience la pilule masculine.“

Vous n’avez toujours pas trouvé votre bonheur ? Si l’anneau vaginal, le patch, l’éponge ou le diaphragme ne vous tentent pas non plus, il vous reste la contraception masculine. Avec au choix, préservatifs (seuls 15% des hommes en utilisent ! **, spermicides ou vasectomie. Car la contraception n’est pas qu’une affaire de femmes !

* Enquête Fecond - INED – “La crise de la pilule en France, vers un nouveau modèle contraceptif ?“ et DREES, “L’état de santé de la population en France – Suivi des objectifs annexés à la loi de santé publique“, Rapport 2011

** INED

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Eloïse Bouton
Inread
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