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Amour : on adopte la couplonomique !

couplonomique

Et si, pour gérer les crises de couple, on pouvait y appliquer des principes économiques ? C'est ce que proposent les deux auteurs du livre "Couplonomics", Paula Szuchman et Jenny Anderson.

La finance n'est pas le milieu le plus glamour et pourtant, les deux auteurs du livre Couplonomics, Paula Szuchman et Jenny Anderson, ont réussi à garder le meilleur des théories économiques pour parvenir à sauver, booster ou harmoniser notre couple avec ce qu'elles appellent la couplonomique. Loin des clichés mièvres, la couplonomique consiste à appliquer intelligemment et rationnellement dans le domaine de l'amour, et plus précisément celui du mariage, véritable "entreprise à deux", des préceptes qui fonctionnent très bien en économie. Contre les idées reçues des couples, voici les grandes théories de l'économie à notre rescousse.

Idée n°1 : Créer la division du travail dans son couple (mais pour être plus satisfaite)

A priori en 2012, on suppose que pour qu'un couple fonctionne, quand on habite ensemble, il faut un juste partage des tâches domestiques, du genre 50/50 et à faire à tour de rôles, selon. Or, comme le remarquent les auteurs de Couplonomics, alors que l'idée du partage des tâches est toute simple, il n'empêche que ça reste un des sujets fétiches de dispute entre les couples. Alors que faire ?
On s'inspire de la théorie sur le travail fondé sur la division et la spécialité de chacun (d'après Adam Smith). En effet, dans une entreprise comme dans la vie à deux, une relation fondée sur les mêmes tâches pendant le même temps et la même charge de travail correspond plutôt à… du travail à la chaîne. Qui voudrait de cela chez soi?
Couplée avec la "théorie des avantages comparatifs" de David Ricardo, on s'érige définitivement contre le partage des tâches à 50/50, mais pour notre plus grand bonheur. Ainsi, plutôt que de partager exactement les mêmes tâches et activités, on essaie un partage plus cohérent selon ce qu'on sait mieux faire. Evidemment, pas question d'avoir toutes les corvées les plus pénibles, mais simplement de s'adapter ensemble pour gagner du temps qui servira au couple d'un temps libre pour les loisirs.

Exemple pratique : Si vous êtes plus rapide que votre tendre pour faire la vaisselle, alors que vous galérez à laver le sol, échangez et adaptez vos tâches selon chacun. Le gain de temps sera pour vous deux, vous ferez certes beaucoup plus souvent la vaisselle mais ne perdrez plus un temps considérable à faire les sols, et vice-versa. Le niveau d'équité est certes différent mais le gain de temps, non négligeable !

Autre exemple : changer de système avec l'Optimum de Pareto.
Vilfredo Pareto économiste italien de la fin du XIXe, peut nous permettre de gérer crise et conflit grâce à son concept d'optimum :"Un optimum de Pareto est une situation dans laquelle on ne peut améliorer la situation de l'un sans détériorer celle de l'autre." Pour illustrer cette théorie, Paula Szuchman et Jenny Anderson prennent un exemple assez simple : une pizza. Si vous la partagez à part égale, disons en quatre parts chacun, et que vous calez, tandis que votre moitié, elle, a toujours faim, vous pouvez soit rester parfaitement équitable et garder votre part, soit faire un choix optimum (de Pareto) et donc décider de rendre l'autre heureux, sans se rendre plus malheureuse, et de lui donner votre part supplémentaire. Il y a certes une certaine détérioration de votre situation, mais elle est moindre face à la satisfaction procurée à l'autre. Dans la vie de couple, l'Optimum de Pareto peut se comprendre à une plus grande échelle : plutôt qu'un partage équitable à 50/50 qui peut vous laisser profondément insatisfaite, parfois un partage à 70/30 ou autre vous convient mieux s'il vous est adapté.

NB : Surtout, ne spéculons pas sur le mariage !
Spéculer, c'est penser qu'on va tirer un profit rapide d'une situation. Or, en toute logique, avec les chiffres du divorce, le mariage constitue objectivement l'un des plus gros risques spéculatifs qu'on puisse être amenée à faire. Pour qu'un mariage fonctionne, il faut sortir de l'hypothèse spéculative, croyant naturellement que le mariage va fonctionner, pour plutôt considérer le mariage comme un investissement… à long terme.

Idée n°2 : Comprendre l'aversion pour la perte (pour se disputer moins longtemps)

L'aversion pour la perte est l'un des moteurs les plus destructeurs en économie : la peur intense de perdre est sans doute courante, mais bien plus profonde qu'elle n'y paraît. L'aversion pour la perte fait, par exemple, qu'on remarque mieux la hausse que la baisse des prix, ou que les traders continuent frénétiquement de spéculer, engrangeant des pertes bien supérieures à celles qu'ils auraient eu si, tout simplement, ils se seraient arrêtés.
Si tout le monde déteste perdre, l'aversion profonde qu'ont les êtres humains pour la perte les amène à risquer le tout pour le tout dès qu'ils se sentent menacés. C'est ce qui explique, par exemple, ces disputes particulièrement éprouvantes où, quand on commence à s'enfoncer, on s'enfonce jusqu'au bout, proférant des paroles qu'on finit souvent, franchement, par regretter.

Ainsi, les disputes interminables où l'on est en furie à vouloir prouver son point de vue à l'autre comme étant la vérité vraie sont non seulement pure perte de temps (on a fini par le remarquer), mais aussi un pur reflet de notre aversion pour la perte… D'ailleurs, c'est un jeu de dupe, on est rarement plus écoutée ou comprise en se prenant la tête jusqu'à pas d'heure. Bref, la peur de perdre au jeu du plus fort nous fait perdre encore plus : du sommeil, de la crédibilité, de la complicité.
Les auteurs proposent alors deux solutions simples et efficaces pour retrouver sommeil, dignité, et sérénité dans son couple :

- Attendre le lendemain : la nuit porte conseil. Souvenez-vous, Mamie le disait, et elle n'avait pas tort.

- S'imposer la règle des 24h : dès qu'une situation nous énerve, on évite la réaction directe et on attend 24h, tranquillement. Si l'énervement passe, ça ne valait pas le coup de s'exciter, la tempête est passée. S'il persiste, au moins on peut en parler calmement cette fois, pour changer. Et dormir la nuit, aussi.

Idée n°3 : Accepter la loi de l'offre et la demande (pour faire l'amour plus souvent)

Dans le domaine de nos relations sexuelles, les études prouvent ce qu'on suppose tous et toutes : les couples heureux font souvent l'amour, et si l'on fait souvent l'amour, on a plus de chance d'être un couple heureux. De la poule ou de l'œuf, une chose est certaine, faire l'amour, quand on est en couple, c'est bon pour le moral. Mais avec le quotidien, le stress, le travail, les enfants et autre, la place pour la sexualité diminue petit à petit et le sexe finit par nous "coûter" cher. Attention, cela n'a rien à voir avec un rapport tarifé ! Simplement, une équation pernicieuse s'enclenche : un rapport sexuel à cette heure-ci me coûte 40 minutes de sommeil en moins, j'ai une grosse journée demain, ou j'ai du boulot, je suis fatiguée, bref, mille raisons débarquent pour nous montrer qu'on finit par envisager le rapport sexuel selon ce qu'il nous coûte. Et évidemment le pire, c'est que moins l'on fait l'amour et plus le rapport semblera nous coûter cher car :

- il faut reprendre un rythme, une habitude perdue, et cela demande de l'effort, et même une certaine organisation.

- la rareté du rapport élève notre niveau d'exigence : à force de ne pas trop faire l'amour, on en attend beaucoup. A ce prix-là, il faut donc que ça vaille le coup !

Mais, comme le dit Woody Allen :"Je n'ai jamais eu de mauvais orgasme. Mon pire orgasme était juste comme il faut." Pour rendre les rapports sexuels moins coûteux et être ainsi un couple plus épanoui qui batifole plus souvent, Paula Szuchman et Jenny Anderson proposent trois solutions (testées et approuvées par des couples) :

- être plus transparent dans nos désirs : ainsi, les soirs on l'on est bien tentée, autant le dire sans tourner autour du pot. La bonne communication économise du temps, de l'énergie, on se comprend et ça arrange tout le monde… Au lit !

- modifier ses habitudes : les bonnes habitudes en matière de sexualité se perdent parfois trop vite dans la vie d'un ménage. On range notre vieille chemise de nuit et on teste fissa une nouvelle épilation du maillot !

- assumer ses désirs : dire ce dont on a envie, précisément, aide l'autre et lui évite parfois… des refus à répétition. C'est plus sympa quoi. Cela évite ce qu'on appelle le "marché opaque", c'est-à-dire lorsqu'on ignore ce que l'autre aime ou pas, ce qui rend difficile tout échange de "biens" émotionnels…

NB. Ignorons les "rumeurs de marché"
En matière de sexualité, tout le monde parle beaucoup mais ne soyez pas dupes de ce que vous entendez : le couple parfait n'existe pas. Ainsi, comme en économie, où l'on appelle "rumeurs de marché" ces bruits qui circulent sur telle ou telle entreprise, de leurs éventuels succès ou possibles échecs. Or, souvent, les rumeurs de marchés sont infondées, donc mieux vaut les éviter. Alors pas de complexe quand vous entendez votre vieux couple d'amis vous dire qu'ils font l'amour deux fois par jour depuis quinze ans…

Pour en savoir plus, sur le risque moral, les incitations, les compromis, le choix intertemporel, les bulles spéculatives et autres principes économiques appliqués à votre couple, retrouvez l'ouvrage de Paula Szuchman et Jenny Anderson, Couplonomics, aux éditions A contre courant, 24€.

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Bethsabée Krivoshey
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