Léopoldine Huygues Despointes, the rolling star

Cette inconnue de 23 ans nous scotche dans "Atlantic Avenue", un court-métrage sur mesure. Portrait d’une actrice aux os de verre et à la volonté de fer.

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Pourquoi on parle d’elle
Elle est l’actrice principale et la co-productrice du court métrage qui affole les festivals de ciné pointus — de Clermont-Ferrand au Los Angeles Festival et qui passe début septembre sur Canal +. Le pitch d’Atlantic Avenue n’a pourtant rien, a priori, de glamour : la première expérience sexuelle d’une jeune et jolie handicapée, qui trouve l’amour dans les bras d’un petit gigolo incarné à merveille par Brady Corbet (Melancholia). Mais le film s’avère aussi pudique que sensuel, et surtout bouleversant. C’est que Léopolodine Huygues Despointes nous parle beaucoup d’elle.
 
The voice of a condition
Celle qui est atteinte d’une "osthéogénèse imparfaite" — la maladie des os de verre, qui lui valut plus de 40 opérations et un nombre incalculable de fractures —, déborde en fait de joie de vivre. Et aspire à défendre les droits des handicapés. "Au départ, je voulais devenir avocate et puis j’ai compris que les images auraient plus d’impact que des lois dont personne n’entendrait jamais parler. Avec le cinéma, je veux sublimer mon handicap et inciter d’autres gens à faire de même." Et elle le prouve.

Droit au but
Grâce à ses parents qui ont réfusé de l’éduquer en prenant des pincettes, Léopoldine exige d’être traitée en égale et refuse toute demi-mesure ou solution bancale. Quand, par exemple, elle apprend que la fac française où elle devait étudier n’est pas équipée pour l’accueillir dans de bonnes conditions (avec son fauteuil elle est condamnée à entrer et rester au fond de l’amphi sans pouvoir accéder aux premiers rangs), elle décide carrément de changer de pays. Fidèle à cette philosophie "tout ou rien", elle ne se gêne pas pour dire ce qu’elle a sur le cœur même si ça dérange. "On a voulu briser les tabous de la sexualité. Certaines personnes handicapées restent frustrées, chez elles. On a voulu donner envie aux handicapés de sortir de leur coquille et de se bouger." Comme elle, en sorte.



La fureur de vivre

A New-York, où elle vit le plus normalement du monde (elle vient de décrocher une licence en éco), Léopoldine bosse comme assistante de prod sur Yosemite, un film de Gabrielle Demeestere (adapté du roman Palo Alto Stories de James Franco) avec au casting Henry Hopper et James Franco. "J’ai tellement de chance." avoue t-elle, des étoiles dans les yeux. Elle n’en revient toujours pas de ce qui lui arrive : "Récemment j’ai sympathisé avec Christopher Abbott (le mec de Marnie dans Girls) et au festival de Cannes l’an dernier, Kirsten Dunst m’a même donné des conseils de mecs !" s’amuse t-elle. Mais son "American dream" ne lui fait pas prendre la grosse tête. Léopoldine trouve le temps de co-écrire un long métrage sur les violences domestiques avec Louisa Krause, une comédienne montante qui crève l’écran dans King Kelly ; un des films qui a le plus buzzé au dernier festival de Sundance. Et ce n’est pas tout ! En parallèle, elle réalise un court-métrage comique sur la vie des handicapés et a même monté une mini boite de prod’ perso intitulée avec humour "Wheels in Motion". Quant à Atlantic Avenue, sa formidable réal’ Laure de Clermont-Tonnerre espère bientôt l’adapter en long métrage. A Glamour, on est impatientes de voir ça. 

"Atlantic Avenue" sera diffusé sur Canal Plus Cinéma le dimanche 1er septembre à 22h15, le 3 sept à 7h40, le 5 sept à 20h15 et le 6 sept à 7h45 et 3h15.