• Minute Crush
  • Calendrier de l

Actuellement en kiosque !

GL cover mag Mai 2016 header maxi Alt 2

Edition papier

Découvrir

Edition numérique

Découvrir
Inboard

Interview : Jenna Thiam, des "Revenants" au prochain Lelouch

Interview : Jenna Thiam, des "Revenants" au prochain Lelouch

Révélée dans "Les Revenants", la nouvelle série de Canal+, et au casting du prochain film de Claude Lelouch, Jenna Thiam s'annonce comme une figure montante du cinéma français. Rencontre autour d'un café avec la rousse énigmatique.

Chevelure rousse imposante, regard au loin et bracelets qui tintent à chacun de ses (grands) mouvements. Jenna Thiam nous a donné rendez-vous dans un café du Boulevard Bonne Nouvelle qu'elle affectionne, situé à deux pas du Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique, où elle termine ses études. Assise sous des têtes de cerfs accrochées au mur, elle se met à nous parler de son enfance au sein d'une famille d'artistes, de sa rencontre avec le théâtre à l'âge de 4 ans, et des années de passion qui ont suivies, jusqu'à son entrée au Conservatoire, poussée par l'un de ses professeurs au Cours Florent. L'année dernière, Jenna décroche le rôle de Léna, adolescente perturbée par le retour de sa sœur jumelle disparue, dans la nouvelle série de Canal+, Les Revenants. Alors qu'elle rempile pour une seconde saison, elle est également à l'affiche de "Salaud, on t'aime", le nouveau Claude Lelouch, aux côtés de Johnny Halliday et Eddy Mitchell, dont le tournage débute au mois de juillet. Et si la jeune actrice rêve un jour de tourner pour Haneke, elle nous parle aujourd'hui avec passion de ses projets à venir.

Comment en es-tu arrivée à jouer dans Les Revenants ?
Début février 2012, mon agent m'a appelée en me disant que Canal+ recherchait d'urgence une rousse pour une série. Pour avoir une chance d'être retenue, il fallait absolument ressembler à Yara Pilartz, que Fabrice (Fabrice Gobert est le créateur de la série, ndlr) voulait à tout prix pour incarner le personnage de Camille. Coup de chance : je remplissais tous les critères physiques requis. Le tournage à Annecy a commencé au début du mois de mars et s'est étalé jusqu'au mois d'août, en fonction des disponibilités de chacun. J'avais un emploi du temps assez chargé, car je continuais les cours au Conservatoire en parallèle. C'était à la fois fatiguant et hyper reposant de tourner à la montagne. J'étais dans un autre monde, je ne me posais plus les mêmes questions. La production et les réalisateurs m'ont fait confiance et j'ai pu me concentrer uniquement sur mon jeu, sans avoir à me soucier du jugement des autres, contrairement au théâtre où tu es soumis aux réactions directes des spectateurs.

Léna est un personnage rude, assez complexe. L'incarner a-t-il été un challenge ?
Concernant la relation de Léna et Camille, Fabrice nous avait donné des livres et des films qui traitent des relations entre jumelles à voir avec Yara. On s'est également beaucoup vues en amont, on a appris à se connaître et à créer une relation avant le début du tournage. C'est quelque chose qui est resté entre nous, aujourd'hui je considère Yara comme ma petite sœur. Pour jouer le deuil, je me suis servie d'expériences personnelles. Léna en a d'ailleurs un double à faire : celui de sa jumelle disparue, et celui du souvenir de cette sœur qui revient étrangement à la vie et radicalement changée. C'est vertigineux, voire psychologiquement insoutenable. Si ça m'était réellement arrivé, je pense que j'aurais été moins forte que Léna. J'aurais mis les voiles depuis longtemps tellement c'est malsain.

L'ambiance sombre et même glauque de la série a-t-elle été difficile à supporter sur le tournage ?
Honnêtement, je l'ai super bien vécu ! C'est terrible parce qu'on nous demande de faire semblant que c'est horrible, tragique et difficile à vivre, mais en vrai ça nous fait kiffer de pleurer ! Le plus agréable dans ce métier, c'est justement de devoir toujours le faire à fond.

Tu t'attendais à un tel succès ?
Très vite, en voyant les moyens mis à disposition pour le tournage, les équipes aux petits soins avec nous, et l'univers artistique qui se créait, j'ai réalisé que c'était un gros projet. Je trouvais le scénario bien écrit et bien ficelé et quand j'ai vu la liste des acteurs, je me suis dit : "Tout le gratin est là, ça ne doit pas être pour rien !". J'espérais que la série marche, mais je ne me doutais pas qu'elle aurait un tel succès en France et qu'elle serait rachetée par Channel 4, en Angleterre. Ce qui est drôle, c'est que j'ai vécu le succès à retardement, des mois après le tournage.

On sait qu'il y aura une deuxième saison des Revenants, peux-tu nous dire où vous en êtes ?
Honnêtement, je ne sais pas grand chose ! Je peux déjà vous dire que le tournage commencera début février 2014 et que le scénario est actuellement en cours d'écriture. Je pense que tous les personnages de la première saison seront présents, mais j'ai aussi entendu parler de nouveaux arrivants... Quoi qu'il en soit, rien n'est sûr ! Je trouve ça très intelligent de la part de Fabrice et des autres de prendre le temps d'écrire cette nouvelle saison, mais en même temps, c'est risqué : il va falloir que ça envoie !

A la fin de la première saison, beaucoup de questions restent en suspend... La saison 2 va-t-elle y répondre ?
Il faut garder à l'esprit qu'à la base il ne devait y avoir qu'une seule saison et qu'après avoir signé pour une deuxième, Fabrice a dû changer les derniers épisodes en court de tournage. Il y a eu d'énormes remaniements. Par exemple, mon personnage était censé mourir de sa cicatrice dans le dos. Finalement, il a jugé que Léna avait sa place dans la suite de l'histoire. Pour cela il était nécessaire qu'elle s'adoucisse et accepte le retour de Camille.

On ne comprend pas vraiment quelle est l'origine et surtout le sens de cette cicatrice... D'ailleurs, d'où vient-elle ?
Je l'interprète comme une conséquence due au retour de Camille. Une vie pour une autre, quelque part. Fabrice avait commencé à nous dire au début de la première saison que, pour lui, les vivants étaient plus "morts" que les revenants, surtout après avoir peu à peu perdus leur force vitale à cause du deuil. Mais tout cela n'est que suggéré.

Début juillet, tu vas tourner un film avec Claude Lelouch. Belle suite, non ?
Claude m'a repérée dans Les Revenants et m'a appelée pendant les vacances de Noël. Il m'a dit : "J'aurais quelque chose à vous proposer, je pense que ça peut vous faire marrer. On se dit rendez-vous le 3 janvier dans mon bureau ?". J'y suis allée complètement fébrile. Il m'a expliqué l'histoire du film, m'a demandé si ça m'intéressait et a conclu par un : "Si c'est ok pour vous, c'est ok pour moi". Je suis sortie de là complètement sonnée. Je vais jouer Hiver, l'une des quatre filles (de mères différentes) de Johnny Halliday, qui incarne un photoreporter. A la fin de sa vie, il réalise que sa vie affective est en vrac et décide de partir à Megève, d'acheter un chalet et d'en faire un "paradis" pour ses filles. Le problème, c'est que les quatre demi-sœurs sont toutes adultes, ont leur vie à côté et n'ont surtout pas envie de renouer avec un père absent. Son meilleur ami, interprété par Eddy Mitchell, va alors leur faire croire que leur père a un cancer en phase terminale pour les rassembler. Toute l'histoire tourne autour d'un quiproquo et d'un gros chantage.

Ca te fait quoi de tourner avec de si grands noms ?
Je ne stresse qu'au dernier moment, c'est-à-dire 5 minutes avant le lever de rideau, ou la semaine avant le début du tournage. Mais je crois que c'est ce que Claude recherche chez ses acteurs : la spontanéité, l'adrénaline. Si ça lui chante, il peut te demander de faire des improvisations, sans prévenir personne. J'ai l'impression que pour lui, c'est le moment le tournage le plus important, pas l'écriture ou les répétitions. Il a d'ailleurs refusé de me donner le scénario avant en me disant : "Je travaille d'une façon particulière. Si vous acceptez le rôle, je vous demande de jouer le jeu". C'est quelqu'un qui prend énormément de risques avec ses acteurs.

Tes années au Conservatoire se terminent. Comment appréhendes-tu ta sortie d'école ?
Je me dis qu'il y a un mythe autour de ce métier. Pendant toutes mes années de formation, j'ai eu le temps de me demander si c'était vraiment ce que je voulais faire et je pense encore que le théâtre peut encore changer le monde. Devenir connue n'est pas mon but. On a pris l'habitude de dire que, dans ce métier, il faut prendre les boulots qu'on te propose. J'ai envie de me construire plus intelligemment. Pour le moment, j'ai eu de la chance, on ne m'a proposé que des rôles super. Mais je me demande aussi si je peux toucher à d'autres choses, comme la mise en scène ou la formation d'une compagnie. D'ailleurs, je vais bientôt participer à la première édition d'un festival de clown dans l'Aveyron ! Bref, j'ai besoin de me nourrir de pleins d'univers différents.

LIRE LA SUITE
Amélie Frantelle
Inread
Loginnn

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour disposer de services fonctionnels et d’offres adaptées à vos centres d’intérêt, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée. Cliquez ici pour en savoir plus.