11 phases pour séduire un hipster
Avant, on parlait hipster, vivait hipster, respirait hispter. Désormais, on l'affuble d'un petit nom, "hipstos", et on essaie de le surpasser en branchitude : parce que c'est la seule alternative pour vraiment l'emballer.
play PAR BETHSABÉE KRIVOSHEY-
Quand le hipster devient le "hipstos"...
Avant, on disait hipster; désormais, on dit hisptos, parce que comme le bobo, toute bonne chose a une fin. Sauf la banane, qui en a deux.
*merci à Clément C. pour sa précieuse aide.© D.R
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Quand le hipster devient le "hipstos"...
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Avant : on le surprenait en arrivant en fixie à un rendez-vous.
Celles qui ignorent l'existence du fixie ne peuvent décemment pas prétendre ferrer un hipster. Car le hipster, post-bobo écolo, a laissé la Vespa chère aux ancêtres de la coolitude et a choisi son camp : le vélo. Certes, mais pas n'importe lequel : un fixie. En gros, un vélo hyper beau, hyper cher, pour montrer comme on est hyper dans le vent. Comme dans un clip de Mark Ronson, un peu.
© Forkparty
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Avant : on le surprenait en arrivant en fixie à un rendez-vous.
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Désormais, c'est le roller qui revient en force.
Ok, vous ne voyez peut-être pas des hordes de jolies filles en roller (sauf le vendredi soir, à Paris, en famille, ce qui n'est pas trop "hipster"), mais croyez-nous : le roller revient. Emblême des années 80 et 90, il faut avouer qu'on n'attendait que son retour pour la jouer Mariah Carey. Mais ça, il ne faut pas le dire au hipstos. Non, lui il faut simplement le prendre par les sentiments et arriver avec quelques minutes de retard en ondulant gracieusement en mini robe et quatre roues.
© Forkparty
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Désormais, c'est le roller qui revient en force.
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Avant : la grande blague, c'était de faire l'idiote en lui demandant si Gaspar Noé, c'est le mec de Justice.
Oui, sauf que Gaspar Noé et Gaspard Augé n'ont pas grand chose en commun... A part un certain goût du scandale, peut-être.
© D.R
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Avant : la grande blague, c'était de faire l'idiote en lui demandant si Gaspar Noé, c'est le mec de Justice.
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Désormais, on lui demande si y'a pas une faute à Misteur Valaire.
Ainsi il est encouragé de faire des blagues à fort second degré pour séduire le hipstos... Car le hipstos aime à voir qu'on déborde de références intrinsèques, tartinées à la va-vite au détour d'un pique-nique aux Buttes-Chaumont. Mais on vous prévient : il est très probable qu'il ne connaisse pas les jeunes audacieux du groupe Misteur Valaire, et c'est bien dommage : la nouvelle tendance est québecquoise, ou n'est pas. Bye bye Brooklyn.
© D.R
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Désormais, on lui demande si y'a pas une faute à Misteur Valaire.
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Avant : pour l'achever, on lui montrait notre tatouage caché qui désignait un concept ultra cool.
Après des mois d'hésitation, on finit avec les mots "foi" et "amour" indélébiles aux creux des hanches, avec une typo chiadée bien choisie.
© Freja Beha
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Avant : pour l'achever, on lui montrait notre tatouage caché qui désignait un concept ultra cool.
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Désormais, on préfère l'éphémère.
On lui montre nos tatouages de pieds au henné qu'on s'est fait au mariage de notre copine marocaine. De quoi vivement l'impressionner. En plus, ça va trop bien avec les shorts en jean et les sandales d'été.
© D.R
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Désormais, on préfère l'éphémère.
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Avant : on le tchatait sur Facebook.
Après un mois de poke "pour de rire", on osait enfin se mettre en mode pastille verte vers minuit et tenter un "heyyy".
© Facebook
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Avant : on le tchatait sur Facebook.
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Désormais, on la joue techno-vintage.
On lui demande son MSN.
© MSN
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Désormais, on la joue techno-vintage.
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Avant : on courait les pavés avec nos Vans Era.
C'était l'alternative idéale pour bouder les sneakers Nike saturées par des hordes de graphistes en slim.
© Vans
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Avant : on courait les pavés avec nos Vans Era.
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Désormais, on a toujours envie de vraies sneakers.
Mais des Creative Recreation, s'il vous plaît... Le hipstos ne les connait pas ? Tant mieux, c'est l'occasion de l'impressionner un peu, mine de rien.
© Cr8rec
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Désormais, on a toujours envie de vraies sneakers.
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Avant, on brunchait en amoureux à l'américaine.
Au Coffee Parisien, chez H.A.N.D ou encore chez Joe Allen, manger avec les doigts des burgers dégoulinants de sauce était un programme très romantique entre hipsters avertis.
© D.R
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Avant, on brunchait en amoureux à l'américaine.
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Désormais, on mange américain, mais d'Amérique Centrale.
On file donc à la Candelaria ou chez Rice and Beans (pas le site branchouille, mais le resto), pour manger mexicain. Et pour l'impressionner encore, entre deux tacos, on lui livre notre super théorie culinaire : la hype "descend" spatialement. Des Etats-Unis au Mexique, et plus bas encore. Car ce qui s'annonce comme le nouveau must, c'est la cuisine péruvienne, idéale pour remplacer les sushis jap et les cocktails américains : vive le ceviche de poissons et les pisco sour ! Faits maison, le hipstos en restera baba.
© D.R
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Désormais, on mange américain, mais d'Amérique Centrale.
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Avant : on arrivait à l'heure grâce sa Casio.
Mais ça, seuls les vétérans de la hype le savent. Vue sur tous les poignets, la Casio s'est finalement vue détrônée par n'importe quelle montre en plastique au bracelet coloré et étrange, sortie droit d'un magasin de jouets pour adultes attardés. Le hipster pur et dur a même assumé un temps la Flik-Flak.
© D.R
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Avant : on arrivait à l'heure grâce sa Casio.
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Désormais on boude l'heure.
Et on arrive en retard pimpante, les poignets nus. Avec un nouvel accessoire, à la base de mauvais goût mais qui revient le vent en poupe : le collier en or avec notre nom dessus, comme celui de Carrie dans Sex & the City. Sauf que Sex & the City c'était en 98 ; dorénavant la hipstos girl choisira exprès un prénom qui n'est pas le sien et qui sonne comme celui de l'amie de sa grand-mère. Marie-Christine, par exemple. Le hipstos s'en verra ravit, et cela leur donnera à tous deux un véritable sujet de conversation qui rattrape amplement tout retard.
© D.R
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Désormais on boude l'heure.
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Avant : on l'immortalisait avec un Lomo.
Le Lomo nous permettait de donner un véritable style à notre couple, nos amis, notre chat, nos chaussures, nos fringues. Haut en couleurs, facile à utiliser, c'était l'accessoire idéal pour une roof party barbecue en centre ville. Avec un Lomo, on se sent beau.
© D.R
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Avant : on l'immortalisait avec un Lomo.
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Désormais, on ressort le vieil appareil photo du paternel.
Et si on galère à bien l'utiliser, ça nous rapproche du hipstos ciblé : attendri par nos airs de photographe en herbe, il nous aide. On dirait qu'à ses côtés, plus rien n'est impossible. Il arrive même à mettre correctement la pellicule.
© Getty / Chris Fortuna
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Désormais, on ressort le vieil appareil photo du paternel.
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Avant, on lui cuisinait des cupcakes de toutes les couleurs.
Puis lassée, on est passée au salé : chèvre-courgettes, tomates confites-basilic du balcon, lard-mimolette... Overdose de cupcakes dans la communauté hipster, c'est certain.
© Getty / Kathryn Harris / 4Goodnesscake
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Avant, on lui cuisinait des cupcakes de toutes les couleurs.
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Désormais, on cuisine vintage.
Enfin, ça c'est ce qu'on lui dit pour donner une touche glamour à notre nouvelle phase "la cuisine de mamie". Simple, équilibrée, délicieuse, elle saura éveiller ses papilles aux tendres souvenirs de l'enfance. De quoi émouvoir le hipstos avec un simple pain perdu. Et ça, c'est rare.
© Getty / Alexandra Grablewski
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Désormais, on cuisine vintage.
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Avant : on se cachait derrière nos Ray-Ban (quoiqu'en dise la pub).
Après le tsunami Wayfarer chez les branchés, d'abord en noir, puis de toutes les couleurs, on a testé tous les modèles possibles. Le hipster tatillon a même acheté sur eBay des modèles de Ray-Ban des années 70, inconnues au bataillon et terriblement manquantes sur le Canal St. Martin.
© Abaca
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Avant : on se cachait derrière nos Ray-Ban (quoiqu'en dise la pub).
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Désormais, on pique les lunettes de maman.
C'est toute l'histoire familiale qui s'affiche sur le bout de notre nez, et ça, même le hipster le plus cruel ne saurait longtemps y être insensible : "Ma mère a mis ces lunettes quand elle a traversé la France en auto-stop pour se rendre à Amsterdam pour jouer dans un festival de théâtre brechtien érotique."
Wahou, se dit obligatoirement notre hipstos.© D.R
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Désormais, on pique les lunettes de maman.
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Avant : pour l'impressionner, on l'emmenait à un vernissage ultra privé.
Celui de son street artiste préféré, évidemment.
© D.R
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Avant : pour l'impressionner, on l'emmenait à un vernissage ultra privé.
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Désormais, on assume ses classiques.
On ne jure que par le Louvre (le premier étage surtout, celui des Objets d'Art). Ou sinon, on le traîne à une expo pour voir seulement un seul tableau (si) du genre ultra méconnu mais classique immanquable : Funérailles Juives de Alessandro Magnasco, au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, par exemple.
© D.R
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Désormais, on assume ses classiques.
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