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Mon mec n'est pas mon genre

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Si à 15 ans, on pouvait détailler le C.V imaginaire de notre homme idéal, on voit bien par la suite que non seulement on n'a pas forcément bon goût, mais surtout que l'important, c'est d'aimer (surtout si notre mec a le nez d'Adrian Brody).

Voici des témoignages qui illustrent ce que c'est de prendre sentimentalement des risques... Autrement dit, de se taper un brun quand on aime les blonds, et inversement.

L'histoire d'Angèle, 25 ans : "Mon mec n'est pas du tout mon genre !"

"Je sors avec un garçon qui est un ovni comparé à mes ex. Je pensais ne pas avoir de genre en matière d'homme, or, rétrospectivement, je me rends compte qu'ils se ressemblent tous un peu : des gringalets stylés, châtains, avec la barbe de trois jours, un goût de la mode aigü et une playlist cool sur leur Ipod... Sauf que Guy, mon amoureux, n'a rien à voir avec eux. Anticapitaliste, d'extrême gauche, ennemi de la technologie, je me demande comment il me supporte, greffée à mon Iphone, accro au net, et souvent plus  préoccupée par la hauteur de mes talons que par l'état de la planète. Et pourtant, on est ensemble, et si parfois je me demande aussi ce qu'est-ce qu'on se trouve, j'ai une  réponse qui pardonne nos différences : parce qu'on est amoureux. C'est aussi simple que ça. Je sais pas si c'est pour la vie, mais ça semble très bien marcher entre nous... Sauf les jours de grand froid où il me ressort son horrible parka."

L'histoire d'Etienne, 38 ans " Mon genre ? Pas le bon, apparemment !"

"Ca fait six ans que je vis avec une brune, alors que mon genre, c'était les blondes... Et les rousses. Bref, je ne sortais qu'avec des dépressives anorexiques mal dans leur peau. Maintenant, ma copine n'est pas mon genre, mais c'est mieux ainsi : c'est elle que j'aime, en vrai, dans la réalité, et pas une image fantasmée de la femme avec qui je suis."

L'histoire de Béa, 30 ans : "Niveau genre, je sais plus trop où j'en suis..."

"Mon mec est l'exact contraire de mon ex : tant l'un est pâle que l'autre mat de peau, l'un juif, l'autre musulman, l'un introverti, l'autre extraverti, l'un triste et l'autre joyeux. Je pensais adorer le genre de mon ex, artiste torturé aux yeux bleus qui semble porter tout le poids du génocide juif sur ses épaules, et me voici moins d'un an après, dans une relation beaucoup plus stable avec un Syrien au sang chaud, aux regards noirs mais aussi très avenant et tout sourire. Alors vraiment, je ne sais plus trop à quels saints me vouer... Tant que je suis heureuse avec lui, j'essaie de laisser de côté mes idées sur comment devrait être mon homme. J'appelle ça le progrès. "

L'histoire de Julie, 27 ans : "Du genre parfait, mais pas le mien."

"Il y a 4 ans, je suis allée m’installer à Sydney pour apprendre l’anglais, vivre un peu, m’amuser. J’avais 23 ans, j’étais clairement dans une période trash et fêtarde. Autant dire aucune intention de me caser et une forte addiction à tout ce qui était histoire sans lendemains avec des mecs pas très propres. Un jour, alors que je bossais dans un hôtel, je vois débarquer un sublime mec en costard, la trentaine, traversant le hall d’un pas incroyablement assuré. Il semblait chercher quelqu’un. Je m’approche et lui demande si je peux le renseigner : il cherchait le manager de l’hôtel pour l’interviewer. Oui, car en plus, il était journaliste à la BBC. Autant dire que pendant que je le dévorais des yeux en me promettant de potasser mon anglais, le beau gosse n’a eu qu’un regard poli pour la petite nana en tailleur mal coupé que j’étais.

Quelques mois plus tard, alors que le sublime journaliste était depuis longtemps oublié, je le recroise dans une soirée. L’alcool aidant, je lui saute dessus et je l’emmène quelques heures plus tard dans ma chambre sommaire (matelas par terre – 3 livres – machine à café) . La première nuit, pas si mal, en entraîne une deuxième puis une troisième. Bientôt, c’est la passion entre nous, lui le brillant reporter vu-à-la-télé et moi, la jeune frenchy piquante. Quatre mois plus tard, on emménage ensemble dans un appartement somptueux avec vue sur la mer. Seul hic, la langue : on ne se comprend pas toujours. Enfin, c’est surtout moi qui n’arrive pas à décrypter son accent à tous les coups. Mais quel est le problème alors qu’il est beau, brillant, attentionné, doux, et même riche ?

Pendant ces quelques mois sur un nuage, imperceptiblement, je change : moi qui était une bordélique finie, qui ne mangeait que des noodles lyophilisées, qui avait un humour limite, je me police, je range, j’essaie de devenir la parfaite maîtresse de maison qui maîtrise aussi parfaitement les rouages du conflit au Moyen-Orient dont je discute avec mesure. Je crois avoir mûri, mais mes amis, même s’ils me trouvent quand même moins marrante, ne sont pas dupes et se demandent quand la vraie Julie va revenir. Mais moi, je me sens femme, et même si je sors de moins en moins (j’ai arrêté de fumer), ma mère qui est venue passer 10 jours à Sydney me trouve incroyablement sereine. Tu parles.

Au bout de 6 mois, mon beau blond, les larmes aux yeux, me demande en mariage. Prise de court, j’acquiesce, pas sûre d’avoir bien compris la question, et me retrouve catapultée dans une vie parallèle, où les filles « engaged » (fiancées) passent leurs temps à chercher des bagues de fiançailles à gros diamant en parlant bébé avec leurs copines obsédées par les cupcakes (et les bébés donc). L’angoisse. Je me renferme sur moi-même, reprends la clope en cachette, rêve de paris et de fêtes clandestines, et je deviens sombre, renfermée. Tellement que mon copain, enfin mon fiancé, me demande si je veux annuler le mariage. Oui. Et tellement oui, que dans la foulée, je prends un aller simple pour Paris et ma vie d’avant. Où non, je ne me vautre pas dans les amours de punks à chien, mais je trouve un boulot dans une boîte de graphisme où je rencontre un petit bobo hilarant, avec qui je suis depuis deux ans.  La morale ? Pas de morale, à part que les mecs parfaits, c’est pas toujours parfait. "

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Bethsabée Krivoshey
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