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Gérer mon mec et ses complexes

bidoche

On a tous des complexes. Si, en général, avec l'âge ils passent et trépassent, certains persistent dur. Glamour vous guide dans ce challenge au quotidien qu'est la gérance de l'homme et de son pire défaut préféré.

Mon mec et sa bedaine
Avant, c'était de l'injustice pure et dure : la junk food semblait toujours se venger uniquement sur notre organisme. Les beignets sur la plage en été, ça faisait péter notre maillot tandis que chéri exhibait toujours aussi fièrement son ventre dur et plat. Sauf qu'il y a un semblant de justice sur terre, finalement, et que passé le quart de siècle la tendance s'inverse : on a capté à force que les churros, c'était pas pour nous, tandis que lui commence à peine à accuser le coup. Sévère. Et ce, dans le meilleur cas de figure; car il y a aussi l'homme rondouillet qui n'a jamais ô grand jamais exhibé des tablettes de cacao et qui purge depuis ses 13 ans les Snickers qu'il mangeait de trop au collège. Grosse tristesse.

Je gère comment ?
On évite de dire : "C'est une fille ou un garçon ?" Il ne trouvera pas ça drôle en fait.

Le surplus de ventre, c'est plutôt facile à gérer, puisque c'est finalement ce qui nous attend tous, ou presque. Alors rassurons les prématurés à base d'avantages concrets : "Tu vois t'es vraiment mon oreiller préféré", et "Moi les Ken, ça me dégoûte, je préfère les mecs, les vrais... " Enfin, achevez son complexe à coup de syntaxe : "Si on dit "poignées d'amour", et qu'il n'y a pas d'autres mots, c'est que vraiment c'est de l'amour en barre. LOL." Des mots doux et des caresses, et le tour est joué.

Mon mec et sa calvitie menaçante
Il fut un temps où ses cheveux étaient le cadet de ses préoccupations : doux temps des cerises, printemps de sa vie. Désormais, à partir de 22 ans et plus, la tragédie pointe, le drame menace, la calvitie s'annonce, et c'est avec effroi qu'il regarde ses aïeux au crâne lisse. Malédiction familiale, il aura beau essayer tous les maraboutages et crèmes du monde, on sait que c'est perdu d'avance. Et à défaut d'une greffe plus que douteuse, il va falloir s'habituer à se dégarnir. Adieu crinière à la David Hasselhoff, c'est l'angoisse Jugnot qui pointe.

Je gère comment ?
On évite de dire : "T'as remarqué que tu perdais tes cheveux ?!" Franchement.

Le fond du problème, c'est que l'étalon chevelu qu'il est aujourd'hui craint profondément pour sa survie de demain. Il a peur qu'une fois chauve, on se fasse la malle. Il faut donc le rassurer à fond sur ce point. L'autre problème, c'est que lui dire cash "Je t'aimerai même chauve mon chou" ne fera que le mettre nu comme un vers face à sa plus grande angoisse, et dans votre gentille déclaration il n'entendra que "chauve" et zappera la partie sur l'amour toujours. Alors la meilleure attitude à adopter, c'est le déni. "Quelle calvitie ? Ah oui. Je m'en fous." Evincer d'un  revers de la main ses préoccupations, montrer que l'idée d'y donner de l'importance ne vous effleure même pas l'esprit, c'est ça, l'attitude de la meuf qui tue. Et il faut continuer à ne pas en faire un drame le temps qu'il s'habitue, lui, à sa jeunesse qui fout l'camp.

Mon mec et son pénis
Si le pénis de votre élu est vraiment petit, surtout ne lui dites pas, il doit déjà le savoir (et à chacun son calvaire...) Et aussi sur les tailles des ex, c'est no comment jusqu'à la fin de temps : pas question de lâcher des infos un soir de Noël un peu pompette. Or, souvent, soyons lucides, les mecs complexent alors que y'a pas de raisons. Un peu comme nous et nos seins : y'en a pour tous les goûts. Bref, tragédie du micro-pénis mise à part, même dans le cadre de la normalité l'homme moderne panique, complexe, doute, hésite et sans cesse nous interroge d'un regard suppliant sur la taille de son sexe. Alors, elle est bien ?

Je gère comment ?
On évite de dire : "Ok elle est pas énorme mais ça me va, c'est ce qui compte, non ?" NON.

Comme avec les premiers de la classe de l'école primaire : ils ont beau avoir eu des compliments avant, des assurances sur leur capacité à faire un bon travail, ils ne rentrent chez eux rassurés que s'ils ont eu un bon point. Alors on leur en distribue. Déjà, en complimentant largement le bel objet "Oh, qu'elle est jolie ! et douce ! puis elle sent bon..."mais surtout on complimente efficace : "Qu'elle est grosse !" Si vraiment cette exclamation n'est pas crédible, palliez sur la qualité : dure et belle sont des adjectifs très bienvenus aussi... Variation : "Quel bambou bébé !". Enfin, n'oublions jamais que le meilleur hommage à rendre à l'engin pour mettre notre mec bien dans son caleçon, c'est de prendre vraiment son pied avec. Point barre (c'est le cas de le dire.)

Mon mec et son boulot
Pauvre Loulou se fait un complexe bien social : il trouve son boulot pourri, peu gratifiant, soit pas à la hauteur de ses études, soit qu'il n'a pas fait d'études. Certains matins, il est tellement dégouté par son propre job qu'il aimerait être à notre place en train d'écrire des articles sur lui : c'est dire si sincèrement il ne commence pas à se rendre fou avec son boulot, ce garçon.

Je gère comment ?
On évite de dire : "Je suis pas l'ANPE non plus." Sans blague.

On l'encourage à prendre "en main les rênes de sa vie", et autres genres de phrases encourageantes et généralistes qui montrent qu'on est à ses côtés et qui cachent aussi le triste constat que concrètement, on ne peut rien faire pour lui.

Mon mec et ses poils
Certains hommes, malgré le déchaînement de leur nature incontrôlable, souffrent et éprouvent le complexe du gorille. Poils sur la nuque, creux du coup, épaules, fesses - tout y passe à leur grand affolement. Si ça signe la fin de l'adolescence, annonce l'âge d'homme et surtout l'ère de l'aspirateur partout dans son appart et de la douche bouchée toute l'année, ça signifie pour lui une profonde inspiration à chaque fois qu'il devra enlever son tee-shirt en public, de sa première nuit avec vous à ses premiers pas sur les plages de juillet.

Je gère comment ?
On évite de dire : "Je me fais le maillot si je veux, Chewbacca". Et toc.

Il y a deux types de femmes : celles qui aiment les poils et les autres. Celles qui aiment les poils peuvent rassurer chéri aka King-Kong tout naturellement, puisqu'elles n'auront de cesse de passer leurs doigts dans la jungle de ses frisotis. Pour les autres, les non-passionnées du poils, celles que le contact doux du cheveux de peau n'enivrent, deux choses encore : sois vous êtes rebutées, et dans ce cas, défilez-vous sans mot dire. Sois ça passe, parce que c'est l'amour, et alors il vous faut un discours un minimum crédible et fondé : "Je connais une très bonne esthéticienne". Y'a pas de raisons que ce soit unilatéral, hein.

Mon mec et sa petite taille
Il est chou, mais c'est un peu un nain. Enfin, disons qu'il a toujours été du genre le premier de la file des photos de classe. Pire qu'un complexe, c'est un véritable traumatisme : du rang d'élèves à la cour d'école en passant par les bagarres de bar, le petit a du se construire une carapace forte et une personnalité solide pour pas se faire racketter son blouson à chaque récré / pause clope / sortie / balade avec sa meuf.

Je gère comment ?
On évite de dire : "Pourquoi t'es en retard ? Un trottoir t'as bloqué mon chéri ?" Il risque de plutôt mal le prendre.

Dire "Tout ce qui est petit est mignon" ne le fera pas forcément sentir mieux, bien au contraire. Pour faire sentir bien le mec petit, il faut lui faire sentir la taille qu'il représente pour nous : à quel point vous le trouvez imposant, fort, grand, dans le concept du moins. Puis, ajouter que ce qui compte, c'est à l'horizontal, "où là vraiment t'es immense", ça booste son ego de quelques bons centimètres. Enfin, insistons sur les quelques avantages de sa mesure : pour l'embrasser, c'est plus facile, plus direct, à notre portée. Et ça on kiffe. Il ne va quand même pas s'en plaindre...

Mon mec et sa culture
Il pensait, depuis son achat du dernier album de Metronomy et son So Foot dans les toilettes, qu'il était dans la place niveau culture. Or, depuis qu'il a vu notre appartement, il a déchanté : pour nous, Stendhal ce n'est pas qu'un pseudo et la littérature russe pas qu'un prétexte pour se la jouer aux diners. Bref, on dévore les savoirs tandis qu'il se liquéfie d'ignorance et se cramponne à ce qu'il connaît : peu de choses en soi.

Je gère comment ?
On évite de dire : "A ce stade, t'es pas inculte, t'es con." Vous faites un amalgame.

Il y a moins cultivé et inculte, mais dans les deux cas il faut déterminer le niveau de son complexe face à vous, ou votre famille, ou encore vos amis, ou encore tout le monde (c'est possible). S'il est curieux, en général, il suffit de le mettre en confiance et de lui montrer vos lacunes en géographie, et à quel point vous ne savez pas quelle est la capitale du Kenya par exemple, pour le rassurer gentiment. Mais si le complexe est profond, attention : c'est pas un manque de culture, le problème, mais une surcharge d'ego blessé. Êtes-vous prêtes à jouer les jolies idiotes émerveillées par sa citation du dernier livre de Musso ? Hardcore.

Mon mec et sa performance
Il sait bien qu'il n'est pas notre premier, mais il s'essaie quand même à se rêver le dernier. C'est ça l'amour. Mais pas que : l'amour, c'est aussi un acte qui se pratique à deux dans certaines règles de l'art. Sauf que, et ça arrive même aux meilleurs, parfois ça dérape, et la nuit d'amour qui s'annonçait torride ne dure même pas deux minutes et n'est pas si caliente que ça. Oups, pardon.

Je gère comment ?
On évite de dire: "C'est tout ?! Ha ha !" Ca se fait pas.

Une mauvaise fois, ça arrive. Deux mauvaises fois aussi. Trois, parfois. Bon, si c'est plus, ce n'est pas un complexe qu'il a ce charmant jeune homme, mais soit il était puceau (et donc on préconise patience et douceur), soit simplement son complexe est la manifestation de sa lucidité. Il y a des experts pour ça, à ce qu'il paraît. Ou de chouettes filles qui prennent sur elles le temps que la leçon rentre. A ce qu'il paraît.

Mon mec et mon ex
On est catégorique : le passé c'est le passé, en amour y'a que le présent qui compte. Mais ça dépend après qui l'on arrive. Chouchou, c'est pas tellement de sa faute, il est impressionné par le look hyper hype de notre ex, artiste contemporain polyglotte de talent, qui file entre New York, Bucarest, Pékin et Londres. Si la distance a eu raison de vous, apparemment votre talentueux ex n'est pas assez loin pour que votre mec se détende. Tendu.

Je gère comment ?
On évite de dire : "Toi je t'aime, lui je l'admire, c'est pas pareil." C'est pas facile à encaisser.

On arrête de tergiverser et de rentrer dans d'infinis détails pour lui montrer la différence fondamentale entre les deux, et pourquoi vous préférez un mec gentil et dispo plutôt qu'un dément génial. Parce qu'encore son complexe persistera, parce qu'un adversaire talentueux, génial et brillant, y'a franchement rien de pire. Allez droit au but : "En vrai, il en avait une plutôt petite." Vous verrez, c'est fou à quelle vitesse culture et talent passent à la trappe, en faveur d'une belle valeur, une vraie.

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Bethsabée Krivoshey
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